Panneau de Bellot

Vivre à BELLOT.COM



La Mare aux Canards
Retrouvez
Philippe CHÂTELAIN
sur
FACEBOOK.



Adresse Email du site :
chatelainphilippe77@free.fr

--------







ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

Si vous désirez ne pas apparaître sur le site faites-le nous savoir.

ecrire@vivreabellot.com





Referenceur Gratuit



"J'ai de la peine à quitter la ville parce qu'il faut me séparer de mes amis ; et de la peine à quitter la campagne parce qu'alors, il faut me séparer de moi "
Joseph Joubert
Ecrivain français


ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

ill title

Vous désirez recevoir notre Newsletter laissez nous votre Email en cliquant ci-dessous.

[Valid RSS]

ill titleSur la route de
.........Villeneuve sur Bellot ...

..........................


Gare de la Ferté sous Jouarre

Alors que revenir sur Bellot provoque toujours en moi une joie palpable, il me faut bien avouer qu’en me rendant mardi dernier aux obsèques d’Alain, je n’éprouvais plus que tristesse.

Venant de Meaux par des transports en commun alors en grève, je mis deux heures pour arriver place de l’Eglise.
Dans le bus qui partait de la Ferté-Sous-Jouarre en direction de Verdelot, nous étions cinq passagers, mais très vite je me retrouvai seul avec le chauffeur, ce qui eut pour conséquence d’accentuer un sentiment assez familier chez moi à mi-chemin entre tristesse et solitude.
Et pourtant, lorsque j’aurai de nouveau ma propre voiture, je regretterai cette possibilité de penser, écrire et lire qu’offrent les transports en commun. Le bus arrivant au Fourcheret, je descendis, et le nombre important de voitures garées jusque dans les champs me donna une idée assez précise du monde qu’il devait y avoir sur la place.
Remontant la rue, je rencontrai une amie, Claire, puis Elodie, « une gamine du village » avec qui j’ai eu des fous rires mémorables et qui adorait venir à la maison pour jouer avec les filles et chahuter avec moi.

Pour les nombreux nouveaux lecteurs, je précise que j’ai vécu à Bellot avec une femme formidable qui avait deux filles en bas âge (6 mois et 3 ans). J’ai partagé leur existence pendant trois ans, vous comprendrez dès lors le terme « les filles » que j’utilise affectueusement parfois dans mes chroniques.
A ce sujet, précisons que même si la maison où nous vivions est actuellement en vente, la mère des filles habite toujours sur Bellot, et afin de ne pas réveiller les moments heureux qu’elle a engendrés, et non les douleurs, je me suis mis à redouter sa présence et souhaiter son absence en ce jour de funérailles.
Par ailleurs, il me fallait impérativement quitter les lieux avant la sortie d’école, soit 16h30, afin de ne pas embarrasser les filles par ma présence…

Comme vous pouvez le constater, il y avait « beaucoup de choses » à mettre en terre ce jour-là, et cette prise de conscience fit monter à mes yeux des larmes que je parvins avec succès à ravaler afin qu’elles n’aillent pas jouer sur mes joues.

Lorsque j’arrivai sur la place principale, je constatai avec plaisir qu’elle était noire de monde.
Tous les officiels et la famille étaient déjà entrés dans l’église afin d’être assurés d’avoir la place légitime qu’il leur revenait. Saturée, l’église de Bellot ne pouvait plus rien accepter et semblait « régurgiter » les quelques personnes qui tentaient envers et contre tout de s’y introduire. Pourtant, il restait encore plus d’une centaine de personnes dehors, et des voitures arrivaient encore… L’entreprise funéraire chargeait dans le corbillard les fleurs et autres couronnes et la cérémonie allait débuter.

Naïvement, je m’étais attaché à être tout de noir vêtu, et du haut de mes faibles moyens, je m’étais affublé ici d’une veste d’hiver et là de chaussures de sécurité… Avec une météo plutôt généreuse en soleil et un taux d’anxiété poussé à son paroxysme, je sentais déjà se former les premières perles de sueur et constatais que certaines plus téméraires s’aventuraient déjà le long de ma colonne vertébrale.
Il était 15h10… j’entendais déjà de nombreuses personnes dire : « On aurait tout de même pu mettre quelque haut-parleur à l’extérieur afin qu’à défaut de voir nous puissions entendre !!! ».
Effectivement nous étions là, présents, mais n’existions que dans l’imaginaire de ceux qui étaient au cœur de l’événement : ils nous imaginaient dehors et cela cautionna un instant notre existence.

Dédramatisant, je me suis dit qu’après tout j’étais là pour montrer à Alain mon affection et que le connaissant ce n’est pas à l’intérieur qu’il était mais à l’air libre. Je sentis même un rictus en formation au moment où, me retournant, me vint l’idée « saugrenue » qu’Alain était peut être là avec moi sous cet arbre.
Sachant depuis quelques jours que la cérémonie funéraire était susceptible d’attirer entre 300 et 500 personnes, la Mairie de Bellot aurait pu faire l’effort d’installer une sono afin que nous n’ayons pas à l’extérieur ce sentiment de n’avoir fait que passer à côté de l’événement.
A la décharge de Monsieur le Maire et au regard des faibles budgets de fonctionnement, constatons que n'importe quel village des environs se serait vu dépassé par la situation.

[En pensant à cela, je me demande s'il ne serait pas judicieux que le département, la région, ou la C.C. offre une sono complète à chaque village de moins de 1000 habitants, cela leur retirerait une épine du pied et leur permettrait d'organiser spectacles et fêtes de la musique sans avoir à louer un ensemble complet. Cette sono pourrait pourquoi pas être utilisée par le village pour encourager la création d'un groupe de musique, les chorales, l’école, etc. ]

Vers 15h30, le malaise de Maurice, président de l'Association "Amitié et Sourire", et l'arrivée des pompiers et du SAMU me donnèrent le signe qu'il était temps pour moi de partir.
Le prochain bus pour la Ferté-sous-Jouarre étant à 17h39 à Villeneuve-Sur-Bellot, j'avais décidé, appareil photo en main, de rejoindre à pied ce village situé à environ 3 km.
Arrivé au Fourcheret, je tombai la veste, ouvris la chemise et commençai de nouveau à respirer. L'anxiété avait disparu et tous mes sens redevenaient opérationnels.
Durant cette balade entre Bellot et Villeneuve, je ne m'étais imposé, en souvenir d'Alain, qu'une seule règle : "regarder vraiment".
Une démarche que l'on perd lorsqu'on réside dans un lieu depuis longtemps. Vivre l'instant présent et le vivre pleinement… J'ai dû y parvenir, car cette marche m'a procuré un réel plaisir et m'a fait atteindre une vraie sérénité.
Je me sentais plus en harmonie avec mon environnement, comme "dépollué", contemplant ici les détails d'une clôture en bois et là un pilonne recouvert d'un lierre rougeoyant.

Au bout d'une longue ligne droite, j'arrivai à Villeneuve-Sur-Bellot. Un petit village plus important que Bellot par sa population mais pour lequel je n'avais pas vraiment fait l'effort de découvrir la beauté et la spécificité, tellement ma passion pour Bellot m'avait rendu bêtement chauvin.
Villeneuve est un beau village et je pris plaisir à en faire le tour. Mais je ne pouvais pas repartir sans allez saluer le patron du petit café où nous allions avec «Quinquin» (le père d’Elodie) boire notre apéro le dimanche après avoir fait notre tiercé.
Autant dans les bars des villes chacun sirote son café ou sa bière dans la plus grande solitude, autant dans un petit village ce café ou cette bière peut mettre des heures à être bu, discutant ici avec un agriculteur, là avec un ouvrier agricole dont les mains font le double des vôtres.
Ce jour-là, toutes les discussions tournèrent autour de toi, Alain, et j’étais heureux de constater que tous mettaient en avant ta gentillesse, ton goût pour le travail bien fait et ton côté bon vivant…
17h30 arrivant à grand pas, je me décidai non sans regret à quitter le Patron et sa Femme et à rejoindre l'arrêt de bus situé à côté de la pharmacie (rénovée justement par Alain LOURDIN).

Sur le chemin du retour, en contemplant les paysages et en repassant par Bellot, j'eus à nouveau une pensée pour toi, Alain, mais toute tristesse et toute nostalgie avaient disparu : peut-être parce que je savais viscéralement que d'une manière ou d'une autre, demain ou après-demain, je reviendrai VIVRE A BELLOT...


Philippe CHÂTELAIN
le, Mardi 19 Octobre 2010.



Site mis en ligne le 4 Octobre 2009 Anniversaire de mon fils Théo.
Et remis en ligne le 26 Juin 2010 pour Marie.