......" CFA : Un autre regard ..."
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2éme Partie : Enseigner en CFA : Une Vocation, avez-vous dit ?
« Un professeur, aussi nommé enseignant ou prof, est une personne chargée de transmettre des connaissances ou des méthodes de raisonnement à autrui dans le cadre d'une formation générale ou d'une formation spécifique à une matière, un domaine ou une discipline scolaire. ... » (source: WIKIPEDIA).
Si le rôle de l’enseignant, nous le voyons, est en général d’enseigner, j’ai constaté que dans le CFA où je travaillais, le rôle de l’élève n’était pas toujours celui qui consiste à apprendre.
Quoi de plus normal me direz vous lorsque l’on sait que pour la plupart des apprentis le CFA, comme je le stipulais dans la première partie, est souvent l’aboutissement d’un cursus scolaire chaotique.
Ce phénomène de rejet vis-à-vis de l’enseignement est plus palpable encore dès lors qu’il s’agit de cours d’enseignement général. Effectivement, lors de ma mission, j’ai pu remarquer que la dizaine d’expulsions journalière de cours se produisait pendant le déroulé des séances de Français, Mathématiques, Histoire-Géo, Anglais, Arts plastiques, etc, les cours de pratique professionnelle n’engendrant quant à eux que très peu d’expulsions…
Précisons ici que la plupart des cours magistraux organisés par les professeurs sont en « liaison covalente » avec la pratique professionnelle, de ce fait ils sont plus ludiques et devraient donc être plus accessibles. Ils sont par ailleurs indispensables tellement le retard est conséquent chez certains jeunes apprentis.
De l’autre côté de la balance, nous trouvons donc les enseignants que l’on appelle étrangement des « formateur » en CFA, surement parce qu’ils ne dépendent pas de l’Education Nationale.
Néanmoins je continuerais avec respect à utiliser le terme « d’enseignants » les concernant d’une part parce qu’ils le méritent autant que ceux de l’EN et que d’autre part j’ai un peu de difficulté avec l’expression « formateur en Mathématique » ou « formateur en Français »…
Maintenant on pourrait croire que j’ai certains aprioris positifs sur la question et à cela je répondrais que j’estime qu’enseigner est l’un des plus beaux métiers que l’on puisse exercer et surement un des plus valorisant et que la proximité que j’entretiens dans ma vie privée avec le « Le Monde Enseignant » m’a simplement permis d’avoir une bonne connaissance des difficultés qu’ils rencontrent.
Et une des difficultés majeure va être dans un premier temps de capter et canaliser l’attention de ces 22 élèves et ce pendant deux heures : Sachant que pour la plupart ils trouvent ces cours totalement inutiles mais avant tout parce qu’en moyennent ils ne sont capables d’offrir que 20 minutes d’attention.
A ce sujet soulignons que chaque cours dure systématiquement deux heures (Les cours de pratique professionnelles pouvant quand à eux s’étaler sur une demie journée ou une journée entière).Ce système est surement bien pratique pour le service en charge d’organiser l’emploi du temps, mais je reste convaincu que cette amplitude horaire n’est pas la plus adaptée, surtout pour les deux dernières heures de la matinée et de l’après-midi.
Et si par chance, ces deux heures de cours se sont finie sans trop de casse, il faut savoir que le même cours ne fonctionnera peut être pas avec la prochaine classe de CAP.
Pourquoi me direz vous ?
Dans un premier temps je dirais que cela est dut à la trop grande disparité de niveaux au sein d’une même classe autrement dit vous allez avoir des apprentis brillants ou à niveau mélangés avec des apprentis qui ne maitrise pas leur langue (dans le sens ou ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent ou ce que vous leur demandez), de ce fait si le cours est trop élaboré les plus faibles vont décrocher et si le cours est trop faible ce sont les élèves à niveau qui vont se lasser.
J’ai constaté qu’un élève qui décroche dans une classe peut vous « pourrir » l’ambiance jusqu’à la sonnerie.
La solution idéale serait peut être, pour les matières générales et après une phase d’observation et d’évaluation de rassembler au sein d’une classe réduite (- de 10) les apprentis présentant le plus de retard afin de tenter d’aborder tous les thèmes du programme avec des méthodes et un rythme plus approprié (Un peu comme on le fait en SEGPA).
Cela permettrait, je pense, de retirer des classes les élèves qui sont le plus souvent à l’origine des perturbations tout simplement parce qu’ils ont décrochés depuis bien longtemps.
Dans un second temps constatons que l’ennemi public numéro 1 de l’enseignant en CFA reste tout de même le téléphone portable. A peine avez-vous réussi à capter l’attention de votre auditoire que retenti une vibration, pour les plus discrets, ou une sonnerie qui vient tout écrouler. Bien évidement l’élève décroche en prétextant que c’est son patron, sa mère ou son amie …
Lorsque cette scène se reproduit toutes les dix minutes on imagine fort bien le « calvaire » qu’endurent les enseignants ainsi que (ne les oublions pas …) les apprentis qui souhaiteraient travailler.
Je vois ici des parents qui aimeraient me dire : « Mais que l’on interdise les portable en classe !!! ».
Effectivement ce serait une solution, mais voila ce que nous pouvons lire en page trois du règlement intérieur de l’établissement : « l’utilisation du téléphone portable et autre moyens de communications et/ou de diffusion de musique n’est tolérée qu’à l’extérieur des locaux. En cas de manquement, l’appareil pourra être confisqué et restitué à l’auditeur sur présentation d’un mot de son représentant légal … ».
Comme nous le voyons l’interdiction existe déjà, mais n’est jamais respecté, plus grave les enseignants ne sont plus en mesure de la faire respecter car « l’addiction » au téléphone portable est si importante que l’enseignant ne pourrait pas confisquer l’objet sans risque.
Alors pour ne pas mettre en péril son intégrité physique et psychique il est contraint de : « laisser faire » ...
Un jour on m’avait demandé de surveillé un contrôle et j’avais été surpris de constater que 3 élèves sur 18 écoutaient de la musique pendant l’exercice, leur demandant de retirer leur écouteur j’avais eu le droit à un : « t’es qui toi avec Monsieur untel on a le droit !!! », la musique avait tout de même stoppé car j’ai signifié qu’avec moi pas d’écouteur en classe conformément au règlement intérieur, mais j’avais écopé d’un chapelet d’insultes dîtes en catimini.
Il en est de même avec les boissons et autres gâteaux ou confiseries, elles sont interdit dans les règlements intérieur pourtant souvent ils prennent, sur la table, la place du cahier et du stylo (que bien évidement on a oublié à la maison).
Et ne parlons pas des élèves qui la tête entre les bras « roupillent » …
J’ai même surpris un jour une situation totalement déconcertante ou une enseignante était assise à son bureau pendant que la dizaine d’élèves qu’elle avait jouaient autour d’une table à un jeu de carte qui porte un nom qui montre toute son intelligence : « le trou du cul » …
J’ai passé ce qui m’a semblé de longues secondes à regarder ce professeur, capter son désarroi et son impuissance en me demandant : « mais que pouvait-elle faire ? ».
Au final ce professeur m’a permis de me demander si c’était le rôle de l’enseignant que de faire la Police : « en permanence » ?
Ma réponse est sans ambigüité : « le rôle de l’enseignant est d’enseigner … ».
Que l’enseignant gère dans sa classe les petites perturbations et autres petites incivilité certes, mais je reste convaincu que c’est naturellement à la Direction de l’Etablissement du Centre de Formation, de faire en sorte que l’Enseignant soit en mesure de transmettre son savoir et ce dans les meilleures conditions.
Il va de soit que c’est aussi au CFA de remplir le rôle de surveillance et le cas échéant de sanction afin que le travail de l’enseignant soit optimum…
Dans le cas contraire, le CFA ne risque t’il pas de voir apparaitre une augmentation de AM (Arret Maladie) et autres absences de la part d’un corps enseignants exténué de ne pas se sentir soutenu dans sa démarche éducative pas sa hiérarchie.
Et dans le pire des cas le CFA ne risque t’il pas d’être confronté dans les années à venir à un « turn over » au niveau des professeurs qui disons le clairement préféreront travailler ailleurs autrement dit là ou ils se sentiront plus à l’aise pour enseigner.
Un « turn Over qui vous l’imaginez bien sera nuisible pour les apprentis dans la mesure où il empêchera tout suivi et travail de fond.
Maintenant on peut se demander si au final ce turn over ne sera pas nuisible pour le CFA lui-même qui du fait de sa mauvaise réputation n’attirera que de jeunes enseignants sans expérience alors que l’on sait que plus qu’ailleurs il faut dans ces établissements des enseignants très qualifiés et particulièrement expérimentés ?
Derniére Partie : " Conclusion "(Titre non définitif).
« Un professeur, aussi nommé enseignant ou prof, est une personne chargée de transmettre des connaissances ou des méthodes de raisonnement à autrui dans le cadre d'une formation générale ou d'une formation spécifique à une matière, un domaine ou une discipline scolaire. ... » (source: WIKIPEDIA).
Si le rôle de l’enseignant, nous le voyons, est en général d’enseigner, j’ai constaté que dans le CFA où je travaillais, le rôle de l’élève n’était pas toujours celui qui consiste à apprendre.
Quoi de plus normal me direz vous lorsque l’on sait que pour la plupart des apprentis le CFA, comme je le stipulais dans la première partie, est souvent l’aboutissement d’un cursus scolaire chaotique.
Ce phénomène de rejet vis-à-vis de l’enseignement est plus palpable encore dès lors qu’il s’agit de cours d’enseignement général. Effectivement, lors de ma mission, j’ai pu remarquer que la dizaine d’expulsions journalière de cours se produisait pendant le déroulé des séances de Français, Mathématiques, Histoire-Géo, Anglais, Arts plastiques, etc, les cours de pratique professionnelle n’engendrant quant à eux que très peu d’expulsions…
Précisons ici que la plupart des cours magistraux organisés par les professeurs sont en « liaison covalente » avec la pratique professionnelle, de ce fait ils sont plus ludiques et devraient donc être plus accessibles. Ils sont par ailleurs indispensables tellement le retard est conséquent chez certains jeunes apprentis.
De l’autre côté de la balance, nous trouvons donc les enseignants que l’on appelle étrangement des « formateur » en CFA, surement parce qu’ils ne dépendent pas de l’Education Nationale.
Néanmoins je continuerais avec respect à utiliser le terme « d’enseignants » les concernant d’une part parce qu’ils le méritent autant que ceux de l’EN et que d’autre part j’ai un peu de difficulté avec l’expression « formateur en Mathématique » ou « formateur en Français »…
Maintenant on pourrait croire que j’ai certains aprioris positifs sur la question et à cela je répondrais que j’estime qu’enseigner est l’un des plus beaux métiers que l’on puisse exercer et surement un des plus valorisant et que la proximité que j’entretiens dans ma vie privée avec le « Le Monde Enseignant » m’a simplement permis d’avoir une bonne connaissance des difficultés qu’ils rencontrent.
Et une des difficultés majeure va être dans un premier temps de capter et canaliser l’attention de ces 22 élèves et ce pendant deux heures : Sachant que pour la plupart ils trouvent ces cours totalement inutiles mais avant tout parce qu’en moyennent ils ne sont capables d’offrir que 20 minutes d’attention.
A ce sujet soulignons que chaque cours dure systématiquement deux heures (Les cours de pratique professionnelles pouvant quand à eux s’étaler sur une demie journée ou une journée entière).Ce système est surement bien pratique pour le service en charge d’organiser l’emploi du temps, mais je reste convaincu que cette amplitude horaire n’est pas la plus adaptée, surtout pour les deux dernières heures de la matinée et de l’après-midi.
Et si par chance, ces deux heures de cours se sont finie sans trop de casse, il faut savoir que le même cours ne fonctionnera peut être pas avec la prochaine classe de CAP.
Pourquoi me direz vous ?
Dans un premier temps je dirais que cela est dut à la trop grande disparité de niveaux au sein d’une même classe autrement dit vous allez avoir des apprentis brillants ou à niveau mélangés avec des apprentis qui ne maitrise pas leur langue (dans le sens ou ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent ou ce que vous leur demandez), de ce fait si le cours est trop élaboré les plus faibles vont décrocher et si le cours est trop faible ce sont les élèves à niveau qui vont se lasser.
J’ai constaté qu’un élève qui décroche dans une classe peut vous « pourrir » l’ambiance jusqu’à la sonnerie.
La solution idéale serait peut être, pour les matières générales et après une phase d’observation et d’évaluation de rassembler au sein d’une classe réduite (- de 10) les apprentis présentant le plus de retard afin de tenter d’aborder tous les thèmes du programme avec des méthodes et un rythme plus approprié (Un peu comme on le fait en SEGPA).
Cela permettrait, je pense, de retirer des classes les élèves qui sont le plus souvent à l’origine des perturbations tout simplement parce qu’ils ont décrochés depuis bien longtemps.
Dans un second temps constatons que l’ennemi public numéro 1 de l’enseignant en CFA reste tout de même le téléphone portable. A peine avez-vous réussi à capter l’attention de votre auditoire que retenti une vibration, pour les plus discrets, ou une sonnerie qui vient tout écrouler. Bien évidement l’élève décroche en prétextant que c’est son patron, sa mère ou son amie …
Lorsque cette scène se reproduit toutes les dix minutes on imagine fort bien le « calvaire » qu’endurent les enseignants ainsi que (ne les oublions pas …) les apprentis qui souhaiteraient travailler.
Je vois ici des parents qui aimeraient me dire : « Mais que l’on interdise les portable en classe !!! ».
Effectivement ce serait une solution, mais voila ce que nous pouvons lire en page trois du règlement intérieur de l’établissement : « l’utilisation du téléphone portable et autre moyens de communications et/ou de diffusion de musique n’est tolérée qu’à l’extérieur des locaux. En cas de manquement, l’appareil pourra être confisqué et restitué à l’auditeur sur présentation d’un mot de son représentant légal … ».
Comme nous le voyons l’interdiction existe déjà, mais n’est jamais respecté, plus grave les enseignants ne sont plus en mesure de la faire respecter car « l’addiction » au téléphone portable est si importante que l’enseignant ne pourrait pas confisquer l’objet sans risque.
Alors pour ne pas mettre en péril son intégrité physique et psychique il est contraint de : « laisser faire » ...
Un jour on m’avait demandé de surveillé un contrôle et j’avais été surpris de constater que 3 élèves sur 18 écoutaient de la musique pendant l’exercice, leur demandant de retirer leur écouteur j’avais eu le droit à un : « t’es qui toi avec Monsieur untel on a le droit !!! », la musique avait tout de même stoppé car j’ai signifié qu’avec moi pas d’écouteur en classe conformément au règlement intérieur, mais j’avais écopé d’un chapelet d’insultes dîtes en catimini.
Il en est de même avec les boissons et autres gâteaux ou confiseries, elles sont interdit dans les règlements intérieur pourtant souvent ils prennent, sur la table, la place du cahier et du stylo (que bien évidement on a oublié à la maison).
Et ne parlons pas des élèves qui la tête entre les bras « roupillent » …
J’ai même surpris un jour une situation totalement déconcertante ou une enseignante était assise à son bureau pendant que la dizaine d’élèves qu’elle avait jouaient autour d’une table à un jeu de carte qui porte un nom qui montre toute son intelligence : « le trou du cul » …
J’ai passé ce qui m’a semblé de longues secondes à regarder ce professeur, capter son désarroi et son impuissance en me demandant : « mais que pouvait-elle faire ? ».
Au final ce professeur m’a permis de me demander si c’était le rôle de l’enseignant que de faire la Police : « en permanence » ?
Ma réponse est sans ambigüité : « le rôle de l’enseignant est d’enseigner … ».
Que l’enseignant gère dans sa classe les petites perturbations et autres petites incivilité certes, mais je reste convaincu que c’est naturellement à la Direction de l’Etablissement du Centre de Formation, de faire en sorte que l’Enseignant soit en mesure de transmettre son savoir et ce dans les meilleures conditions.
Il va de soit que c’est aussi au CFA de remplir le rôle de surveillance et le cas échéant de sanction afin que le travail de l’enseignant soit optimum…
Dans le cas contraire, le CFA ne risque t’il pas de voir apparaitre une augmentation de AM (Arret Maladie) et autres absences de la part d’un corps enseignants exténué de ne pas se sentir soutenu dans sa démarche éducative pas sa hiérarchie.
Et dans le pire des cas le CFA ne risque t’il pas d’être confronté dans les années à venir à un « turn over » au niveau des professeurs qui disons le clairement préféreront travailler ailleurs autrement dit là ou ils se sentiront plus à l’aise pour enseigner.
Un « turn Over qui vous l’imaginez bien sera nuisible pour les apprentis dans la mesure où il empêchera tout suivi et travail de fond.
Maintenant on peut se demander si au final ce turn over ne sera pas nuisible pour le CFA lui-même qui du fait de sa mauvaise réputation n’attirera que de jeunes enseignants sans expérience alors que l’on sait que plus qu’ailleurs il faut dans ces établissements des enseignants très qualifiés et particulièrement expérimentés ?
Philippe CHÂTELAIN
Le, 11 Novembre 2010
Le, 11 Novembre 2010
Derniére Partie : " Conclusion "(Titre non définitif).
En ligne le, 11 Décembre 2010.








