...... ALEJENDRA ou Peindre à BOGOTA
................(Alejendra o pintar en Bogotá)
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Afin de vous imprégner des conditions de vie que subissent des millions de Colombiens et colombiennes et pour mieux appréhender la vie de cette jeune artiste qui vit à BOGOTA et dont je vais vous parler aujourd’hui, je vous invite à lire et à regarder ce qui suit avant de poursuivre.
"COLOMBIE: Chômage et précarisation du travail..." CLIQUEZ ICI ...
"Ne dites pas à ma mére que je suis en Colombie..."
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"COLOMBIE : Conseils du Ministére des Affaires Etrangéres Français ..."
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"COLOMBIE : Les Colombiennes montent au front..."
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1ére Partie
" Un pequeño aire de Colombia... "
" Un pequeño aire de Colombia... "
.......................J’ai rencontré Alejandra sur le Web et ce qui était au départ une manière de perfectionner mon espagnol s’est vite transformé en une réelle et forte amitié.
A 30 ans Alejandra est Colombienne, Indienne et vit dans le quartier de « EL CHAPINEROS » à BOGOTA. Un quartier plutôt résidentiel avec ses avenues parallèles qui ne portent aucun nom mais des numéros (avenida 3). Enfin un quartier plutôt jeune et estudiantin qui brille pas ses nuits agitées.
En réalité Alejendra, habite avec sa fille de 10 ans, chez sa sœur et le mari de cette dernière. M’ayant appris qu’elle était professeur d’art plastique et diplômée des Beaux Arts, je fis comprendre à Alejendra que je ne saisissais pas pourquoi son salaire d’enseignant ne lui permettait pas d’avoir un « lieu de vie » pour elle et sa fille …
Sa réponse mettra en évidence toute la complexité du système Colombien et de quelle façon l’élite de la population ou ceux qui pourraient aider à faire éclore la « Patria grande » du « Liberator » (Simon BOLIVAR), se retrouvent eux-mêmes dans la plus grande précarité. Alejandra m’expliqua que, comme en France le monde enseignant dépendait de l’état, simplement me dit-elle : « Nous n’avons pas une retraite identique à celle que vous avez en France dés lors les professeurs de 65 ans enseignent encore ».
De ce fait on comprend qu’il n’y ait pas assez de postes pour les jeunes enseignants …
« L’état ne nous donne pas de poste mais cerise sur le gâteau, ne nous verse rien » …
Cette situation est je vous l’accorde : HALLUCINANTE ! Mais avant tout elle est ce que j’appellerais une sorte de « suicide culturel » car cette situation, (ajoutée à toutes les autres), n’encourage pas les jeunes à faire des études et donc à faire éclore « in situ » une intelligentsia capable de répandre la culture et la spécificité colombienne à travers toutes les couches de la population.
Par ailleurs, avec un taux de chômage le plus élevé d’Amérique Latine : 14%, (la moyenne en Amérique Latine étant de 10% ), cette situation crée un boulevard aux profits rapides liés à la vente ou à la culture de la drogue.
Car, comme le dit très bien Alejendra : « il faut nourrir sa famille … », « il faut continuer à vivre … » et en souriant, « à survivre la plupart du temps … ».
« Yo me decidí a pintar y vender mis pintura..".
« Moi j’ai décidé de peindre et de vendre mes peintures … », précisa Alejandra avec un large sourire sur MSN.

A 30 ans Alejandra est Colombienne, Indienne et vit dans le quartier de « EL CHAPINEROS » à BOGOTA. Un quartier plutôt résidentiel avec ses avenues parallèles qui ne portent aucun nom mais des numéros (avenida 3). Enfin un quartier plutôt jeune et estudiantin qui brille pas ses nuits agitées.
En réalité Alejendra, habite avec sa fille de 10 ans, chez sa sœur et le mari de cette dernière. M’ayant appris qu’elle était professeur d’art plastique et diplômée des Beaux Arts, je fis comprendre à Alejendra que je ne saisissais pas pourquoi son salaire d’enseignant ne lui permettait pas d’avoir un « lieu de vie » pour elle et sa fille …
Sa réponse mettra en évidence toute la complexité du système Colombien et de quelle façon l’élite de la population ou ceux qui pourraient aider à faire éclore la « Patria grande » du « Liberator » (Simon BOLIVAR), se retrouvent eux-mêmes dans la plus grande précarité. Alejandra m’expliqua que, comme en France le monde enseignant dépendait de l’état, simplement me dit-elle : « Nous n’avons pas une retraite identique à celle que vous avez en France dés lors les professeurs de 65 ans enseignent encore ».
De ce fait on comprend qu’il n’y ait pas assez de postes pour les jeunes enseignants …
« L’état ne nous donne pas de poste mais cerise sur le gâteau, ne nous verse rien » …
Cette situation est je vous l’accorde : HALLUCINANTE ! Mais avant tout elle est ce que j’appellerais une sorte de « suicide culturel » car cette situation, (ajoutée à toutes les autres), n’encourage pas les jeunes à faire des études et donc à faire éclore « in situ » une intelligentsia capable de répandre la culture et la spécificité colombienne à travers toutes les couches de la population.
Par ailleurs, avec un taux de chômage le plus élevé d’Amérique Latine : 14%, (la moyenne en Amérique Latine étant de 10% ), cette situation crée un boulevard aux profits rapides liés à la vente ou à la culture de la drogue.
Car, comme le dit très bien Alejendra : « il faut nourrir sa famille … », « il faut continuer à vivre … » et en souriant, « à survivre la plupart du temps … ».
« Yo me decidí a pintar y vender mis pintura..".
« Moi j’ai décidé de peindre et de vendre mes peintures … », précisa Alejandra avec un large sourire sur MSN.

" Otrora "
(Autrefois)
C’est ce qui m’a tout de suite séduit chez Aljendra : son sourire et cette capacité à positiver et à rire de tout alors que, rappelons nous, elle réside dans la capitale connue pour être la plus dangereuse au monde, une ville ou un pays comme dirait Diana TORRES ( Ecrivain d’origine colombienne ) où la vie humaine à perdu l’essentiel de sa valeur et où la violence est devenue culturelle.
Lorsque je pose le problème de la violence à Alejendra, elle relativise et me dit : « Esto no es peor que en otro lugar... », ce n’est pas pire qu’ailleurs …
Mais lucide, elle prend la peine de rajouter que vivant à Bogota au quotidien elle ne sait plus vraiment ce qui est normal et ce qui ne l’est plus, « et pour n’avoir vécu qu’à Bogota ou à Médélin, je peux difficilement me faire une image de l’ailleurs dont tu me parles Philippe … ».
Le discours d’Alejandra est si mature, si cohérent mais avant tout si « horriblement » réaliste qu’il en devient presque douloureux pour l’européen que je suis.
Alejendra me fait comprendre que la misère est si présente que pour certains ou certaines tous les moyens sont bons pour tenter de fuir cette réalité.
Les hommes étant plus dans la confrontation violente, les femmes quant à elles monnayant leurs charmes ou tentant de s’exiler en recherchant sur MEETIC un européen ou un américain fortuné entre 40 et 55 ans.
Naïf, sûrement de n’avoir pas assez voyagé, je restais sans voix, face au détachement qu’Alejendra montrait : « Sidéré », comme dirait Boris CYRULNIC. Voyant mon désarroi, Alejendra se remit à rire et m’expliqua qu’elle faisait de l’artisanat, des bracelets et pleins d’autres choses susceptibles de se vendre « rapidement » auprès des touristes.
Le soir venu me dit elle, quand sa fille est endormie, Alejendra m’explique qu’elle reprend ses peintures, une planche de bois qu’elle a trouvé dans la journée et qu’elle peint.
Etrangement, en tant qu’artiste, cela me rappelle mes périodes de « vache maigre » ou je peignais sur des cartons ondulés, mais très vite je me ressaisis et réalise que ce qui était pour moi un épisode, limité dans le temps, est hélas la seule réalité pour Alejendra et ce depuis toujours.
Maintenant avec « un père qui travaille et vivant chez ma sœur », Alejendra estime qu’elle n’est pas la plus à plaindre : « je me considère comme pauvre certes mais il est des situations plus terribles que la mienne », me dit t’elle.
La peinture est donc devenue pour Alejendra un espace d’évasion, une façon pour elle d’embellir une réalité qui ne l’est pas tous les jours et mon dieu qu’elle y parvient avec talent !
On retrouve dans ses peintures tout le romantisme et les couleurs vives caractéristiques de l’univers Latino-Américain.
Un Romantisme particulier, qui peut paraître un peu « Too Much » pour nous européens, mais qui est récurent là-bas dans tous les arts.
Un Romantisme que j’ai découvert à travers les chansons de Carlos VIVES, BACILLOS ou Antonio CARTAGENA (un grand merci à Céline au passage).
De l’acrylique à l’aquarelle en passant par le pastel, le trait est sûr et le résultat crédible.
En me regardant droit dans les yeux avec cette fierté que j’apprécie chez les Latinos, Alejendra m’explique que ses nombreuses périodes de « vache maigre » lui ont permis d’aborder différentes techniques : travaillant l’huile lorsque la chance lui souriait, le pastel quand elle lui souriait moins enfin traitant la gouache comme de l’aquarelle en attendant le retour de la chance.
Passionnée par Dali, Magritte, Picasso ou Monet, j’imagine un instant tout ce que pourrait réaliser cette artiste colombienne, si elle avait tous les moyens matériels à sa disposition et si elle n’avait pas à lutter pour sa propre survie et celle de sa fille ...
Si elle pouvait, pendant quelques heures, s’imprégner des œuvres de ses artistes fétiches…
Si elle avait la possibilité un instant de se fixer uniquement sur sa créativité et mettre de côté pendant quelques mois, sa réalité…
Ne serait- ce que pour lui permettre de participer à son changement demain…
Philippe CHÂTELAIN
Le, 15 Mars 2011.
Le, 15 Mars 2011.
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2éme Partie le 30 Mars ...
































