......" CFA : Un autre regard ..."
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1ére Partie : Rencontres et Absences Injustifiées ...
Travailler dans un Centre de Formation des Apprentis (CFA) fut pour moi une aventure riche d’enseignements, sûrement parce qu’ayant quitté le système scolaire depuis bien longtemps, j’étais convaincu que cette nouvelle expérience apporterait une plus-value indispensable à l’éducateur que je suis.
Par ailleurs, n’ayant jamais été client de ce type d’établissement, j’étais curieux de rencontrer une jeunesse (14-20 ans) qui avait, volontairement ou non, quittée « le système » Education Nationale, pour devenir de jeunes « salariés » en apprentissage.
Avant d’aller plus loin, précisons que débutant ma mission en mars, autrement dit 3 mois avant les examens, je suis arrivé à une période où le stress prenait son essor pour atteindre son paroxysme début juin avec les première épreuves (cela ne peut néanmoins suffire à justifier tous les comportements…).
De plus, en tant qu’Assistant d’Education (AE) force est de constater que dans « la bulle » (ainsi était surnommé le Bureau des AE), j’ai été quasi-exclusivement confronté aux apprentis présentant le plus de problématiques. La réflexion de cet article sera donc orientée entre autres sur le traitement par le CFA de ces difficultés.
Ceci étant dit, remarquons que l’apprentissage et le CFA offrent aux élèves qui ont du mal avec le cursus dit « classique » de réelles chances de succès. D’une part, le CFA propose des formations dans des domaines porteurs, autrement dit « gourmands » en offres d’emplois : diplôme en poche, l’apprenti est le plus souvent à même de travailler immédiatement. D’autre part, le CFA est une opportunité pour tous ces élèves que l’on « pousse » de classe en classe et qui retrouvent dans l’apprentissage une revalorisation de leur ego en pratiquant trois semaines sur quatre un métier que « théoriquement » ils ont choisi et donc qu’ils « apprécient ».
D’un point de vue salarial, constatons que certains apprentis munis d’un bac professionnel ou d’un BTS peuvent atteindre des rémunérations en début de carrière plus que respectables (de 1.200 à 1.800 euros par mois) : cet élément n’est pas à négliger par les temps qui cours.
Cependant, si cette description est une réalité pour une grande majorité des apprentis et souvent la seule que l’on met en avant ou que l’on médiatise, ma fonction, comme je le disais en introduction, m’a amené à entrer dans les coulisses et donc à en côtoyer une autre bien moins reluisante. Pour la plupart des apprentis, le CFA est vécu comme un nouveau départ, mais pour une minorité (non négligeable et non silencieuse), le CFA reste le dernier maillon d’un cursus scolaire jalonné d’échecs auxquels s’ajoutent souvent des problématiques familiales et sociales pesantes voir lourdes. Et si l’on adjoint à cela les changements inhérents à l’adolescence, on imagine combien pour les formateurs du CFA certaines situations vont être rudes à gérer, pour ne pas dire explosives à la première frustration ou contrariété.
Anciennement coordinateur culturel dans un centre pénitentiaire, j’ai été confronté à des PPSMJ (personnes placées sous main de justice) majeures et je dois avouer que ma connaissance des adolescents en milieu urbain (ne faisant l’objet d’aucune mesure judiciaire) se résumait aux commentaires sommaires que je pouvais lire dans la presse.
Ma première confrontation avec les jeunes du CFA fut donc pour moi une « rencontre du troisième type ». Pour résumer, j’ai découvert une jeunesse « fashion victim » - et le terme de victime prend ici toute sa signification - omnibulée par son apparence et ses accessoires : écouteurs, casques, casquettes, et bien sûr téléphone portable qui semble greffé entres les pouces et les index.
Ne parlons pas du langage qui a cette faculté extraordinaire d’assembler en une phrase l’intégralité des « GROS MOTS » que nous interdirions à nos propres enfants, langage rendu la plupart du temps totalement incompréhensible par l’utilisation de termes ne figurant pas dans le plus élaboré des dictionnaires. Une jeunesse plutôt « cash » comme ils disent, qui s’adresse aux adultes comme si la veille nous étions sortis ensemble en « boîte de nuit » et qui réclame a hue et a dia un « RESPECT » qu’elle est le plus souvent incapable d’appliquer aux autres, mais plus inquiétant encore, à elle-même.
Enfin, une jeunesse qui m’a semblée très immature, sans repères et où le dialogue et la communication se concluent fréquemment, par manque de mots, par une montée de l’agressivité, des insultes, un comportement menaçant voire parfois par le passage à l’acte violent.
Evidemment, tous les jeunes du CFA ne correspondent pas à cette description, mais c’est tout de même cette image qui vous saute aux yeux la première fois. Naturellement, le CFA n’est pas comptable de cet état des lieux, de l’histoire ou de la préhistoire des jeunes qu’il accueille, néanmoins, étant souvent comme je le disais précédemment le dernier maillon d’un cursus scolaire, le CFA ne devrait-il pas avoir pour responsabilité de tenter de combler, durant les 2 à 5 ans où il a les apprentis « sous la main », les carences et les lacunes éducationnelles accumulées au fil du temps ?
Je reste convaincu que tout organisme recevant des jeunes (mineurs ou pas) se doit d’effectuer un travail d’accompagnement et de proposer un protocole de prévention (alcool, drogue, tabac, contraception, MST, anorexie, violence conjugale...), or entre le mois de mars et le mois de juin, je n’ai été le témoin d’aucune action allant dans ce sens. Plus surprenant, dans le hall de l’établissement où « stationnent » les apprentis durant les intercours, aucune affiche, aucun message de prévention : il y a là à mon goût un manque qu’il serait souhaitable de combler. De plus, ne serait-il pas possible, afin de toucher tous les jeunes du CFA, de mettre sur pied en partenariat avec les formateurs, la bibliothèque et les acteurs locaux, un mois de la prévention (un titre me vient en tête : « Préviens-moi ! ») qui, à travers de conférences, d’expositions et de films, reprendrait les thèmes précédemment cités.
Ce dispositif ne serait pas un luxe au regard des scènes d’alcoolisation dont j’ai été témoin sur le parking devant le CFA. Le signalant, on m’a fait remarquer, à juste titre, que nous n’avions aucun moyen d’action en dehors des murs de l’établissement. Constatons qu’après avoir absorbé le « fameux liquide », c’est en cours que l’on retrouve les apprentis. Cette réalité a d’ailleurs donné lieu courant mai à l’expulsion complète d’une classe qui, sous l’emprise de l’alcool, s’amusait entre autres à mettre le feu à des feuilles de papier en cours d’arts plastiques. On imagine l’état de panique de la formatrice face à une telle situation.
Soulignons que sortir les apprentis de la classe était certes une nécessité pour la sécurité des personnes et des biens, par contre les expulser de l’établissement aurait pu être lourd de conséquences dans la mesure où les apprentis, malgré leur état d’ivresse, ont pris leur voiture en sortant du CFA. N’aurait-il pas été plus judicieux, pour éviter toute fin tragique, de les maintenir pendant quelques heures dans une « classe de dégrisement » ?
D’une manière générale, ne serait-il pas possible d’envisager pour lutter contre les différentes addictions des jeunes d’effectuer des tests fréquents de dépistage à l’intérieur même des établissements (et pas uniquement dans les CFA) ? Cela permettrait de repérer plus rapidement les sujets à problème et donc de proposer en partenariat avec les parents et les partenaires sociaux une aide et un suivi.
Abordons maintenant la gestion de l’absentéisme, qui m’a semblé un peu étrange. Précisons avant tout que chaque patron recevant un apprenti touche en fin d’année (juin) une prime se montant à 1.500 € environ si le jeune n’a pas dépassé 70 heures d’absences injustifiées au sein du CFA dans l’année en cours. Ceci nous amène à nous poser la question d’une absence injustifiée.
Le concepteur du programme informatique permettant de gérer les absences et les retards a prévu tous les motifs d’absences possibles et imaginables (même les pannes de réveil c’est vous dire …), une absence injustifiée ne devrait donc correspondre qu’à une absence qui par définition n’a pas encore été justifiée mais qui par essence ne réclame qu’à l’être, autrement à quoi bon la signaler comme étant injustifiée ?
Avec ce raisonnement, aucune absence ne devrait apparaître informatiquement injustifiée en fin d’année, car les AE et le CPE auront mis tout en œuvre pour trouver une réponse à cette « injustification », tout simplement parce que cela doit faire partie de leurs prérogatives et du cahier des charges du CFA.
Pourtant, on constate qu’en fin d’année beaucoup d’apprentis atteignent les 70 heures d’absence injustifiées, et pour avoir eu le listing des absences annuelles de tous les élèves entre les mains, je peux affirmer que nombreux sont les apprentis qui les dépassent et de loin…
Recherchant une explication, j’ai sélectionné dans ce listing deux élèves dont le seul point commun était d’avoir un taux d’absentéisme particulièrement indécent. A ma grande surprise, je constatais que ces « anomalies » n’avaient fait l’objet d’aucune convocation des responsables légaux et encore moins de sanction… Ceci ne reflète-t-il pas un dysfonctionnement dans la gestion des absences ?
Par ailleurs, si les absences injustifiées de l’apprenti n’entrent dans aucun des critères du programme de gestion informatisée, ne peut-on pas en déduire à la façon « Rasoir d’Ockham » que l’apprenti « sèche » tout bonnement les cours ? Oser ce raisonnement permettrait peut être de mettre l’apprenti en face de ses responsabilités …
Précisons ici que si le maître d’apprentissage (en général le patron de l’entreprise) est averti par le CFA toutes les semaines et ce par écrit des absences de son apprenti (normal puisque l’apprenti est payé par le patron durant ses heures de cours), étrangement les parents quant à eux ne font l’objet d’aucune information.
A une époque où le monde politique se met en branle pour responsabiliser les parents, lutter contre le décrochage et l’absentéisme chronique des élèves, comment faire comprendre aux parents d’enfants ayant un taux d’absentéisme élevé que l’on va leur « sucrer » les Allocations Familiales alors qu’ils ne sont pas informés ?
Afin de lutter efficacement contre le décrochage scolaire, ne serait-il pas envisageable que le CFA prévienne les parents des apprentis mineurs en temps réel, autrement dit au moment même où l’absence est constatée ?
Enfin pour conclure cette première partie, ne serait-il pas souhaitable de ramener à zéro la tolérance qui est faite autour des absences injustifiées, car permettre 70 heures d’absences par ans n’est-il pas une façon "indirecte" d’autoriser voire cautionner l’absentéisme ?
Travailler dans un Centre de Formation des Apprentis (CFA) fut pour moi une aventure riche d’enseignements, sûrement parce qu’ayant quitté le système scolaire depuis bien longtemps, j’étais convaincu que cette nouvelle expérience apporterait une plus-value indispensable à l’éducateur que je suis.
Par ailleurs, n’ayant jamais été client de ce type d’établissement, j’étais curieux de rencontrer une jeunesse (14-20 ans) qui avait, volontairement ou non, quittée « le système » Education Nationale, pour devenir de jeunes « salariés » en apprentissage.
Avant d’aller plus loin, précisons que débutant ma mission en mars, autrement dit 3 mois avant les examens, je suis arrivé à une période où le stress prenait son essor pour atteindre son paroxysme début juin avec les première épreuves (cela ne peut néanmoins suffire à justifier tous les comportements…).
De plus, en tant qu’Assistant d’Education (AE) force est de constater que dans « la bulle » (ainsi était surnommé le Bureau des AE), j’ai été quasi-exclusivement confronté aux apprentis présentant le plus de problématiques. La réflexion de cet article sera donc orientée entre autres sur le traitement par le CFA de ces difficultés.
Ceci étant dit, remarquons que l’apprentissage et le CFA offrent aux élèves qui ont du mal avec le cursus dit « classique » de réelles chances de succès. D’une part, le CFA propose des formations dans des domaines porteurs, autrement dit « gourmands » en offres d’emplois : diplôme en poche, l’apprenti est le plus souvent à même de travailler immédiatement. D’autre part, le CFA est une opportunité pour tous ces élèves que l’on « pousse » de classe en classe et qui retrouvent dans l’apprentissage une revalorisation de leur ego en pratiquant trois semaines sur quatre un métier que « théoriquement » ils ont choisi et donc qu’ils « apprécient ».
D’un point de vue salarial, constatons que certains apprentis munis d’un bac professionnel ou d’un BTS peuvent atteindre des rémunérations en début de carrière plus que respectables (de 1.200 à 1.800 euros par mois) : cet élément n’est pas à négliger par les temps qui cours.
Cependant, si cette description est une réalité pour une grande majorité des apprentis et souvent la seule que l’on met en avant ou que l’on médiatise, ma fonction, comme je le disais en introduction, m’a amené à entrer dans les coulisses et donc à en côtoyer une autre bien moins reluisante. Pour la plupart des apprentis, le CFA est vécu comme un nouveau départ, mais pour une minorité (non négligeable et non silencieuse), le CFA reste le dernier maillon d’un cursus scolaire jalonné d’échecs auxquels s’ajoutent souvent des problématiques familiales et sociales pesantes voir lourdes. Et si l’on adjoint à cela les changements inhérents à l’adolescence, on imagine combien pour les formateurs du CFA certaines situations vont être rudes à gérer, pour ne pas dire explosives à la première frustration ou contrariété.
Anciennement coordinateur culturel dans un centre pénitentiaire, j’ai été confronté à des PPSMJ (personnes placées sous main de justice) majeures et je dois avouer que ma connaissance des adolescents en milieu urbain (ne faisant l’objet d’aucune mesure judiciaire) se résumait aux commentaires sommaires que je pouvais lire dans la presse.
Ma première confrontation avec les jeunes du CFA fut donc pour moi une « rencontre du troisième type ». Pour résumer, j’ai découvert une jeunesse « fashion victim » - et le terme de victime prend ici toute sa signification - omnibulée par son apparence et ses accessoires : écouteurs, casques, casquettes, et bien sûr téléphone portable qui semble greffé entres les pouces et les index.
Ne parlons pas du langage qui a cette faculté extraordinaire d’assembler en une phrase l’intégralité des « GROS MOTS » que nous interdirions à nos propres enfants, langage rendu la plupart du temps totalement incompréhensible par l’utilisation de termes ne figurant pas dans le plus élaboré des dictionnaires. Une jeunesse plutôt « cash » comme ils disent, qui s’adresse aux adultes comme si la veille nous étions sortis ensemble en « boîte de nuit » et qui réclame a hue et a dia un « RESPECT » qu’elle est le plus souvent incapable d’appliquer aux autres, mais plus inquiétant encore, à elle-même.
Enfin, une jeunesse qui m’a semblée très immature, sans repères et où le dialogue et la communication se concluent fréquemment, par manque de mots, par une montée de l’agressivité, des insultes, un comportement menaçant voire parfois par le passage à l’acte violent.
Evidemment, tous les jeunes du CFA ne correspondent pas à cette description, mais c’est tout de même cette image qui vous saute aux yeux la première fois. Naturellement, le CFA n’est pas comptable de cet état des lieux, de l’histoire ou de la préhistoire des jeunes qu’il accueille, néanmoins, étant souvent comme je le disais précédemment le dernier maillon d’un cursus scolaire, le CFA ne devrait-il pas avoir pour responsabilité de tenter de combler, durant les 2 à 5 ans où il a les apprentis « sous la main », les carences et les lacunes éducationnelles accumulées au fil du temps ?
Je reste convaincu que tout organisme recevant des jeunes (mineurs ou pas) se doit d’effectuer un travail d’accompagnement et de proposer un protocole de prévention (alcool, drogue, tabac, contraception, MST, anorexie, violence conjugale...), or entre le mois de mars et le mois de juin, je n’ai été le témoin d’aucune action allant dans ce sens. Plus surprenant, dans le hall de l’établissement où « stationnent » les apprentis durant les intercours, aucune affiche, aucun message de prévention : il y a là à mon goût un manque qu’il serait souhaitable de combler. De plus, ne serait-il pas possible, afin de toucher tous les jeunes du CFA, de mettre sur pied en partenariat avec les formateurs, la bibliothèque et les acteurs locaux, un mois de la prévention (un titre me vient en tête : « Préviens-moi ! ») qui, à travers de conférences, d’expositions et de films, reprendrait les thèmes précédemment cités.
Ce dispositif ne serait pas un luxe au regard des scènes d’alcoolisation dont j’ai été témoin sur le parking devant le CFA. Le signalant, on m’a fait remarquer, à juste titre, que nous n’avions aucun moyen d’action en dehors des murs de l’établissement. Constatons qu’après avoir absorbé le « fameux liquide », c’est en cours que l’on retrouve les apprentis. Cette réalité a d’ailleurs donné lieu courant mai à l’expulsion complète d’une classe qui, sous l’emprise de l’alcool, s’amusait entre autres à mettre le feu à des feuilles de papier en cours d’arts plastiques. On imagine l’état de panique de la formatrice face à une telle situation.
Soulignons que sortir les apprentis de la classe était certes une nécessité pour la sécurité des personnes et des biens, par contre les expulser de l’établissement aurait pu être lourd de conséquences dans la mesure où les apprentis, malgré leur état d’ivresse, ont pris leur voiture en sortant du CFA. N’aurait-il pas été plus judicieux, pour éviter toute fin tragique, de les maintenir pendant quelques heures dans une « classe de dégrisement » ?
D’une manière générale, ne serait-il pas possible d’envisager pour lutter contre les différentes addictions des jeunes d’effectuer des tests fréquents de dépistage à l’intérieur même des établissements (et pas uniquement dans les CFA) ? Cela permettrait de repérer plus rapidement les sujets à problème et donc de proposer en partenariat avec les parents et les partenaires sociaux une aide et un suivi.
Abordons maintenant la gestion de l’absentéisme, qui m’a semblé un peu étrange. Précisons avant tout que chaque patron recevant un apprenti touche en fin d’année (juin) une prime se montant à 1.500 € environ si le jeune n’a pas dépassé 70 heures d’absences injustifiées au sein du CFA dans l’année en cours. Ceci nous amène à nous poser la question d’une absence injustifiée.
Le concepteur du programme informatique permettant de gérer les absences et les retards a prévu tous les motifs d’absences possibles et imaginables (même les pannes de réveil c’est vous dire …), une absence injustifiée ne devrait donc correspondre qu’à une absence qui par définition n’a pas encore été justifiée mais qui par essence ne réclame qu’à l’être, autrement à quoi bon la signaler comme étant injustifiée ?
Avec ce raisonnement, aucune absence ne devrait apparaître informatiquement injustifiée en fin d’année, car les AE et le CPE auront mis tout en œuvre pour trouver une réponse à cette « injustification », tout simplement parce que cela doit faire partie de leurs prérogatives et du cahier des charges du CFA.
Pourtant, on constate qu’en fin d’année beaucoup d’apprentis atteignent les 70 heures d’absence injustifiées, et pour avoir eu le listing des absences annuelles de tous les élèves entre les mains, je peux affirmer que nombreux sont les apprentis qui les dépassent et de loin…
Recherchant une explication, j’ai sélectionné dans ce listing deux élèves dont le seul point commun était d’avoir un taux d’absentéisme particulièrement indécent. A ma grande surprise, je constatais que ces « anomalies » n’avaient fait l’objet d’aucune convocation des responsables légaux et encore moins de sanction… Ceci ne reflète-t-il pas un dysfonctionnement dans la gestion des absences ?
Par ailleurs, si les absences injustifiées de l’apprenti n’entrent dans aucun des critères du programme de gestion informatisée, ne peut-on pas en déduire à la façon « Rasoir d’Ockham » que l’apprenti « sèche » tout bonnement les cours ? Oser ce raisonnement permettrait peut être de mettre l’apprenti en face de ses responsabilités …
Précisons ici que si le maître d’apprentissage (en général le patron de l’entreprise) est averti par le CFA toutes les semaines et ce par écrit des absences de son apprenti (normal puisque l’apprenti est payé par le patron durant ses heures de cours), étrangement les parents quant à eux ne font l’objet d’aucune information.
A une époque où le monde politique se met en branle pour responsabiliser les parents, lutter contre le décrochage et l’absentéisme chronique des élèves, comment faire comprendre aux parents d’enfants ayant un taux d’absentéisme élevé que l’on va leur « sucrer » les Allocations Familiales alors qu’ils ne sont pas informés ?
Afin de lutter efficacement contre le décrochage scolaire, ne serait-il pas envisageable que le CFA prévienne les parents des apprentis mineurs en temps réel, autrement dit au moment même où l’absence est constatée ?
Enfin pour conclure cette première partie, ne serait-il pas souhaitable de ramener à zéro la tolérance qui est faite autour des absences injustifiées, car permettre 70 heures d’absences par ans n’est-il pas une façon "indirecte" d’autoriser voire cautionner l’absentéisme ?
Philippe CHÂTELAIN
Le, 7 Septembre 2010
Le, 7 Septembre 2010
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